Grâce à l’aide de la Communauté de communes, des milliers d’habitants démunis ont accès à l’eau et à l’assainissement

 

Il y a deux ans, les conseillers communautaires, sur proposition des maires du golfe, avaient voté à l’unanimité une subvention à l’association Inter Aide, dans le cadre de la loi Oudin-Santini. Celle-ci repose sur le principe du 1% solidaire permettant que les collectivités puissent reverser jusqu’à 1 % de leur budget Eau ou Assainissement à des projets de solidarité internationale liés à l’eau. Cette loi permet en plus un effet levier intéressant. En effet, la contribution d’une collectivité peut permettre la mobilisation de financements des Agences de l’Eau (orga-nismes d’Etat).


Ainsi, la subvention de 30 000 € de la Communauté de communes (sur trois ans) a permis de débloquer 285 000 € de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse et donc de réaliser des actions vitales pour un très grand nombre de familles.
Début janvier, les dirigeants de l’association Inter Aide, Marc Giordan et Lionel Combey, sont venus présenter au président Vincent Morisse et à la vice-présidente déléguée à l’Eau et l’Assainissement, Anne-Marie Waniart, un premier bilan des actions réalisées grâce à l’aide de la Com com.

 

03 Point deau de Kinambone 332 usagers 30 m de profondeur fin 2020

 

Des actions dans des zones stables

Rappelons que Inter Aide est une association nationale spécialisée dans la réalisation de programmes de développement auprès de familles rurales particulièrement démunies. En 2019, Inter Aide a conduit 51 programmes dans 7 pays, et 140 821 familles bénéficiaires (soit 732 000 personnes) ont été appuyées directement pour répondre à leurs besoins vitaux. Les domaines d’action depuis la création en 1980 sont l’eau, l’hygiène et l’assainissement, l’agriculture, la santé et l’appui scolaire.


Les programmes sont conduits dans des zones rurales particulièrement isolées, à densité de population élevée, où la présence d’ONG est faible et le contexte relativement stable pour pou-voir inscrire les actions dans la durée. Un point important pour la Com com, puisque s’agissant d’argent public, un contrôle strict est nécessaire. Ce qui n’était plus possible avec les opérations engagées au Burkina-Faso du temps du Syndicat des eaux.


En 2020, un programme a donc été lancé au Mozambique grâce au financement de la Com-munauté de communes et de l’Agence de l’eau. L’objectif a été d’améliorer l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux services de maintenance des ouvrages en zones rurales, plus précisément dans la province de Nampula, où l’accès à l’eau potable est très limité. 49% de la population rurale seulement a accès à un point d’eau protégé, un nombre d’ouvrages en panne est parfois important (jusqu’à 30%), l’accès à l’assainissement individuel est limité (latrines sèches) et enfin les populations ont de faibles connaissances sur les pratiques de lavage des mains.

 

Premier bilan encourageant

Le but du programme a donc été d’améliorer les pratiques d’hygiène des familles, accompagner les communautés pour la réalisation de points d’eau protégés et renforcer les capacités des villageois à gérer leur ouvrage. En parallèle, Inter Aide a agi pour développer et renforcer un réseau de réparateurs indépendants de pompes, un réseau de revendeurs locaux de pièces détachées en impliquant les acteurs locaux.


C’est donc dans le district de Monapo que 6 forages ont été réalisés pour 2 500 usagers, que 1 123 familles ont été équipées d’une latrine améliorée dans 9 villages. Le taux d’équipement est passé de 35% à 96%. 3 940 personnes formées aux bonnes pratiques d’hygiène (dans 10 villages). 1 700 pompes ont été posées pour 510 000 usagers, avec 35 opérateurs de maintenance partenaires (mécaniciens / vendeurs de pièces), et plus 300 pompes ont été réparées par les artisans pour plus de 90 000 usagers.
Un premier bilan très encourageant, après une première année de financement, et qui met ainsi en lumière la solidarité des habitants du golfe à travers des opérations comme celle-ci. Le programme va se poursuivre au Mozambique puis s’étendre au Malawi.

 

EHA Moz copie 

 

Les résultats attendus sur trois ans

Sur les trois ans du programme, les résultats attendus sont les suivants :

  • 3 000 personnes sont directement formées aux bonnes pratiques d’hygiène : adultes et enfants, dont une majorité de femmes.
  • 75% des personnes formées adoptent des pratiques d’hygiène adéquates, pour le lavage des mains (méthode/fréquence), l’utilisation de l’eau (stockage/traitement), et l’assainissement (utilisation d’une latrine).
  • 25 points d’eau sont construits ou réhabilités (forages et puits protégés), desservant 7 500 personnes.
  • 90% des ouvrages réalisés fournissent une quantité et qualité d’eau conformes aux stan-dards nationaux.
  • 2 000 latrines sont construites, soit 2 000 familles et 10 000 personnes équipées.
  • Dans les villages impliqués, 85% des familles sont équipées d’une latrine en fin d’intervention.
  • Dans le district de Monapo, l’accès à un point d’eau protégé progresse d’au moins 5%. Dans l’ensemble des districts d’intervention, le taux de fonctionnement des pompes atteint 90%.
  • Dans le district de Monapo, 25 comités villageois sont formés à la gestion et la mainte-nance préventive de leurs points d’eau. Dans l’ensemble des districts d’intervention, 150 comi-tés villageois sont appuyés et renforcés pour améliorer leurs capacités de gestion et de mainte-nance de leurs pompes.
  • 80% des comités formés sont capables d’assurer une bonne gestion et l’entretien de leurs points d’eau (directement ou via les services de maintenance disponibles).
  • Les communautés rurales des districts d’intervention ont accès à des services de main-tenance de leurs points d’eau : 500 000 utilisateurs potentiels. En fonction des besoins identifiés, les services sont étendus à deux districts supplémentaires.
  • Un réseau de 20 à 30 artisans et 15 à 25 revendeurs de pièces de pompes est renforcé. 750 pompes sont réparées par les artisans partenaires, garantissant un accès à l’eau à 225 000 personnes.